Le secteur de la santé se trouve à nouveau à un tournant déterminant dans la construction de l’hôpital de demain. En effet, la e-santé est en plein essor grâce aux nouvelles technologies et outils numériques prenant une place toujours plus importante. Les innovations médicales se multiplient : télémédecine, robotique, nanotechnologie ou encore réalité virtuelle sont les nouveaux leviers de la santé. Comment ces 4 leviers changent la relation patient soignant ?

Télémédecine

Petit rappel, la télémédecine est une forme de pratique médicale à distance. Elle englobe les applications grand public, l’usage de systèmes d’information par les acteurs de santé ou encore les actes suivants :

Téléconsultation
Permet à un soignant (ex: médecin ou docteur) de donner une consultation à distance à un patient.
Téléexpertise
On parle de télé-expertise dans le cas où un professionnel médical demande l’avis d’un ou de plusieurs professionnels à distance.
Télésurveillance
Permet d’interpréter à distance les données nécessaires au suivi médical d’un patient et, le cas échéant, de prendre des décisions relatives à la prise en charge de celui-ci. L’enregistrement et la transmission des données peuvent être automatisés ou réalisés par le patient lui-même ou par un professionnel de santé.
Téléassistance
Consiste en le fait de seconder à distance un autre professionnel de santé au cours d’un acte médical (ex : opération, consultation)
Régulation médicale
Il s’agit d’un premier diagnostic par téléphone assuré par le SAMU/centre 15 en amont d’une prise en charge aux urgences.
Ainsi dans un premier lieu, la télémédecine permettra un accès aux soins partout et à tout moment grâce au numérique, notamment pour pallier à certains désert médicaux. C’est d’ailleurs l’un des chevaux de bataille de la e-santé. On entre ainsi dans une nouvelle relation patients-soignants qui permet un rapprochement et favorise le suivi médical. Plus d’excuses pour éviter son médecin !

Cependant, en France, la télémédecine est sous-développée. En cause, un manque de capitaux, une mauvaise compréhension des atouts de la télémédecine, mais aussi la non prise en compte du besoin utilisateur final : le patient. Celui-ci, nous l’avons vu dans un précédant article, ne se retrouve pas forcément dans les applications d’e-santé proposées sur les stores. Effectivement, le manque de personnalisation de ces applications les rend pas ou peu utilisables, les utilisateurs s’en désintéressent. Cela bloque fortement le développement de la télémédecine via les smartphone. Favoriser le passage d’e-services personnalisés plutôt que normalisés serait une bonne piste pour mieux appréhender le virage de cette transition digitale.

Robotique - Intelligence artificielle

L’arrivée de la robotique à l’hôpital impulse également une nouvelle dynamique. Dans ce domaine, la France a de nombreux atouts, qu’elle n’exploite pas assez cependant. Par contre aux Etats Unis une intervention chirurgicale sur trois sera réalisée par des robots d’ici 5 ans.

Pourtant la France a été pionnière de la chirurgie robotique, notamment avec les interventions du professeur Jacques Marescaux qui, avec son équipe, a mené à bien plusieurs « premières fois » dans le domaine de la chirurgie (opération sans cicatrice, chirurgie robotisée, chirurgie guidée par réalité augmentée, etc.). Alors pourquoi traînons-nous la patte en robotique industrielle ?
D’après Vincent Giret le « manque à la fois de capitaux pour développer et garder ses excellentes start-up de pointe, de vitesse administrative pour délivrer les autorisations de marché, et de volonté politique pour orienter la commande publique » sont des causes potentielles à notre retard sur le sujet. C’est pourquoi la France veut faire son nid dans la robotique médicale.

En effet, plusieurs robots ont vu le jour comme Nao, Pepper ou encore Roméo, et ont très vite été placés dans les hôpitaux. Tous ont pour point commun d’être des petits Frenchies, et oui !

Ces robots humanoïdes sont programmables, et si pour l’instant leur utilisation est essentiellement de l’accompagnement ou du guidage. Néanmoins leur panel d’actions est multiple.

Il y a tout d’abord un effet d’attraction qui est crée par ces robots. La curiosité de se retrouver face à des machines qui nous parlent, nous comprennent est forcément grande. D’ailleurs chez les enfants leur succès est terrible ! Ils s’associent à eux en quelques sortes et s’ouvrent plus facilement à ces machines. De part sa petite taille et son apparence humanoïde, Nao est le chouchou des enfants. Il a un rôle d’assistant médical et de soutient psychologique.

Autre exemple, en Belgique notamment, Pepper a été déployée dans les hôpitaux pour des rôles de guide et de réceptionniste. Néanmoins elle apporte une aide dans la stimulation cérébrale et moteur. Son débit de parole est fluide, elle est capable de parler une vingtaine de langues et d’effectuer des mouvements précis.

L’avantage est que ces robots ne se fatiguent jamais puisque leur intelligence artificielle (IA) n’a pas été programmée pour ressentir des sentiments comme l’agacement. Cela instaure un certain apaisement dans des lieux comme les hôpitaux où le mouvement, le bruit et le stress sont quasi permanent.

D’autres robots comme Watson sont des avancées phares en matière d’IA puisqu’il est capable de faire un pré-diagnostique, d’assister un soignant, de discuter -lui aussi- mais aussi de détecter l’état émotionnel de son interlocuteur !

Nanotechnologie

En médecine, les nanotechnologies ont un immense potentiel. Ce secteur est en pleine croissance, et ses utilisations multiples :

  • Amélioration des diagnostiques en imagerie
  • Amélioration des diagnostiques d’analyses biologiques
  • Réparation et remplacement des tissus (osseux, cutané, nerveux, cardiaque)
  • Soin de manière sélective

Attardons nous sur cette dernière utilisation qui ouvre la voie à une plus grande confiance du patient envers le soignant. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’en ciblant les soins cela réduit les effets secondaires que l’on peut rencontrer un peu partout.

Prenons le cas d’un cancer, sans les nanotechnologies, le médicament va se distribuer partout dans l’organisme (organes et tissus sains comme malades) sans aucune distinction. Le médicament va donc libérer ses toxines partout, c’est cela qui crée les effets secondaires parfois très lourd pour le cas des chimiothérapies. Avec les nanotechnologies, le médicament est encapsulé et administré uniquement sur la tumeur à soigner. Cela réduit la toxicité au niveau des organes malades et améliore l’efficacité du médicament. De plus, cette technique permet d’augmenter les quantités de doses administrables, car moins dangereuses pour l’organisme. On gagne ainsi indirectement en efficacité thérapeutique.

Réalité virtuelle

La réalité virtuelle (VR) s’est installée petit à petit dans le monde de la santé, et ce pour le plus grand plaisir des patients mais aussi des soignants.
En effet, si l’apport de la VR est immense côté confort et relaxation des patients, son succès n’est pas amoindri chez le personnel médical. On explique ce phénomène notamment grâce au potentiel formateur de cet outil. Grâce à elle, les étudiants en médecine pourraient s’entraîner avec une immersion virtuelle en salle d’opération sans quitter l’école !

Côté patients, comme dit plus haut l’apport est surtout au niveau du confort de vie. On utilise dores et déjà la VR pour couper les patients du bruit et des mouvements lors de traitement lourds. Elle permet également aux enfants de se retrouver « comme à la maison », ce qui est moins stressant pour eux. On le sait, le moral joue beaucoup dans la guérison, alors ces effets positifs ne sont pas à ignorer !

Les nouvelles technologies changent notre rapport à l’hôpital puisqu’elles visent à le rendre toujours plus agréable et à s’adapter au patient. Il est d’une importance capitale de remettre le patient au centre des services des hôpitaux ainsi que le personnel soignant.

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